Joue la comme Malick…

HippoEte2012_Seine

Chers lecteurs,

En ce jour bien gris et bien pluvieux, je voulais vous faire part de mon ravissement tant musical que pictural d’hier… En effet, alors que j’étais dans ma voiture filant vers mes terres – professionnelles – montreuilloises, sur France Musique pendant l’émission du matin de Denisa Kerchova, j’ai écouté Die Moldau* de Bietrich Smetana.

Arrivant du Boulevard Saint Germain, mon trajet me mène alors devant l’Institut du Monde Arabe ; puis filant sur le pont Henri IV qui mène à la Bastille, la musique qui démarrait, prit une dimension magique. La lumière sur la Seine était alors sublime, une lumière un peu froide mais très claire avec un grand soleil qui se miroitait dans les eaux du fleuve.

Le sublime poème symphonique de Smetana vint alors compléter ce tableau avec émerveillement. Nous filions avec ma petite auto et celle-ci n’était plus qu’une bulle de savon transparente et légère qui volait le long des eaux claires du fleuve.

Je me suis prise alors pour Terrence Malick qui dans son très beau film « Tree of Life » (la bande annonce ici), a choisi ce mouvement de Vltava (La Moldau). Ce morceau est tiré de Má Vlast (Ma Patrie), cycle de six poèmes symphoniques de 1879 de Bedřich Smetana.

Il existe beaucoup de version de ce « tube », je vous livre un des enregistrements que j’ai trouvé sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=AHQxs601D-A.

La version que nous avons écouté hier sur France Musique était vraiment très belle, alors n’hésitez pas à vous la procurer (légalement) ! Il s’agissait de l’Orchestre de Cleveland, dirigé par Christoph Von Dohnnanyi [DECCA Référence label 444867-2]. Détails sur le site de France Musique ici.

Malheureusement, je n’ai pu prendre un cliché de ce beau moment mais je vous livre pour illustration une photo que j’ai prise cet été sur un autre pont de la Seine alors que mon grand Loulou m’accompagnait… J’avais alors eu le même sentiment de sérénité, de bonheur et de calme.

Je vous souhaite un excellent week-end musical et gourmand à tous !

@bientôt,

*NB : Die Moldau est un affluent de l’Elbe, fleuve d’Europe Centrale, qui coule à Prague après avoir pris sa source dans la Forêt de Bohême. CQFD !

Nixon in China de John Adams @Chatelet

La perspective de cette soirée nous enchantait à l’avance… Elle fut largement à la hauteur de nos espérances et remplit toutes nos attentes !*

Le programme de cette soirée exceptionnelle était donc la représentation de Nixon in China, oeuvre de John Adams, créée en 1987 qui relate en 1972 la visite exceptionnelle de Richard Nixon, alors Président des US en Chine pour rencontrer Mao Tse-Tung et les hauts dignitaires de la République Populaire de Chine.

Au-delà du symbole, c’est la rencontre entre deux hommes, deux cultures qui y est ici relatée ; deux mondes qui s’opposent, se craignent… Mais également une critique humaine et politique.

Nous avons assisté à la nouvelle production du Théâtre Chatelet de l’opéra en trois actes, dont le livret a été écrit par Alice Goodman.

Ce que j’ai aimé et qui a retenu mon attention :

– Ma première chair de poule lors de l’ouverture : les images projetées + le premier choeur (j’ai eu l’air dans la tête pendant 1 semaine… il est dans la bande annonce sur la page du Châtelet )

– Le monologue de R. Nixon au 1er acte : Clin d’oeil à l’actualité électorale qui nous occupe…

-L’Air de Mme Mao Tse-Tung (excellente Sumi Jo)

– Le final avec notamment un passage de violoncelle très inspiré

La Bonne Nouvelle ! Le détail de la production ET Voir ou revoir le spectacle ici grâce au site du Châtelet (via Arte Live Web) et pendant 3 mois et la (ré)écouter le samedi 12 mai à 20h sur France Musique

http://download.liveweb.arte.tv/o21/liveweb/flash/player.swf?appContext=liveweb&eventId=3443&mode=prod&priority=one&embed=true

Bibliographie : pour aller plus loin John Adams de Renaud Machart aux éditions Actes Sud/Classica (2004 – 160 pages)

* Pour rappel : étant néophyte donc pas spécialiste, mon avis n’engage que moi-même… Je vous parle de ce que j’aime, de ce qui m’émeut avec la seule intention de vous donner envie d’aller plus loin, d’écouter, voir la musique que je vous propose dans mes pages !

Coup de coeur musical : Arvo Pärt, Cantus in memoriam Benjamin Britten

Bonjour à tous,

Je voulais vous faire partager un nouveau coup de coeur musical …

Jeudi matin en écoutant France Musique (on ne change pas une équipe qui gagne…), j’ai redécouvert grâce à Renaud Machart lors de son émission Le Matin des Musiciens une pièce d’Arvo Pärt. Le thème « Dissolutions mémorielles » du jour pouvait être un spécial Pierre Boulez mais point du tout ! Une belle émission de Renaud Machart qui nous a donc fait écouter, entre autres, le Cantus in Memoriam B Britten d’Arvö Part dont je vous en recommande l’écoute (ici sur Youtube).

Une musique planante, sombre et envoûtante dont Renaud Machart disait ce matin à son propos qu’elle lui semblait une musique de Pâques… je dirais même du Vendredi Saint.

Un peu d’infos : Arvo Pärt est un compositeur contemporain, né en 1935 en Estonie à Paid, élevé à Tallin, ayant dû fuir avec sa famille la censure communiste en 1980 (pour l’Autriche notamment). Sa musique peut s’associer au mouvement de musique minimaliste.

(plus de détails ici sur www.arvopart.org)

Cet oeuvre que je vous propose de découvrir est un exemple de la tintinnabulation,  ou style tintannibuli qu’il explore depuis la fin des années 70 (1977 pour la pièce musical qui nous occupe aujourd’hui). Très mystique, au style épuré, il travaille avec peu d’éléments, quelques cloches notamment que l’on retrouve ici.

Pour podcaster l’émission c’est ici sur le site de France Musique et vous avez un mois pour le faire…

Bonne écoute et à très bientôt !

Osez Messiaen ?

Mon choix est-il osé voire inconsidéré ? Eh bien non !

Olivier Messiaen ne vous inspire pas ? je dois vous avouer que moi aussi, j’étais quelque peu réticente avant de mieux le connaître…

Quelques mots de biographie -merci à l’excellent site www.musicologie.org– : Olivier Messiaen est né en décembre 1908 à Avignon. Il est mort à Paris en 1992.
La musique religieuse et son inspiration mystique sont essentielles à la compréhension de son oeuvre. En effet, dès 1931, il est titulaire de l’orgue de l’église de la Trinité. Il demeurera toute sa vie un fervent catholique.
En 1942, à son retour de Görlitz, stalag où il fût prisonnier de guerre pendant 2 ans, Olivier Messiaen est nommé Professeur d’Harmonie au Conservatoire de Paris. Son célèbre cours sera suivi notamment par Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Iannis Xenakis, sans oublier Jeanne et Yvonne Loriod qu’il épousera en 1961.
Messiaen en 3 oeuvres incontournables :
Pour débuter : Le 5ème mouvement du Quatuor pour la fin du temps – écrit pendant ses années de captivité en Allemagne – Louange à l’Eternité de Jésus. Ce passage est absolument magnifique, et me donne la chair de poule à chaque fois que je l’écoute. Seuls deux instruments, le piano et le violoncelle jouent une partition pleine de retenue de tristesse mais aussi de force.
Ici par The Warped Time Ensemble, à regarder sur You Tube.
Pour suivre : Le Jardin du sommeil d’amour (Extrait de la Turangalila-Symphonie) pour grand orchestre, piano et ondes Martenot. Cette oeuvre fût crée en 1949, par L’Orchestre Symphonique de Boston, dirigé par Léonard Bernstein.
Discographie :Orchestre de l’Opéra Bastille, direction : Myung-Whun Chung.
Enregistré approuvé par le compositeur.
Solistes : Yvonne Loriod, piano ; Jeanne Loriot : ondes Martenot
Disque Deutsche Grammophon 431 781-2, 1991

Pour finir : L’Ascension, Quatre méditations symphoniques pour orchestre.

Cette oeuvre pour orchestre était à l’origine, écrite pour l’orgue.

L’inspiration religieuse est à son paroxysme.

Un très beau disque ici sur Amazon où elle est couplé avec la 3ème symphonie avec orgue de Camille Saint Saëns (superbe pochette !).

A très bientôt,

Pourquoi j’aime et j’écoute France Musique ?

Ah… je vous entends de l’autre côté de votre écran : mais qu’elle ce qu’elle raconte, France Musique c’est naze, c’est une radio pour vieux décatis (l’auditeur moyen a 64 ans..) et super spécialistes de musique classique-rasoir, en plus ils ne font que bavasser… pfiou…

Eh bien, non ! Après avoir fait le test avec une autre radio concurrente, et en écoutant France Musique, vous vous apercevrez qu’il vous en reste toujours quelque chose et que vous serez moins ignare – en musique – en vous endormant le soir 😉

Pourquoi donc ? En premier lieu, un morceau de musique lorsqu’il passe sur France Musique est découpé en fonction de ses mouvements, c’est à dire que vous entendrez rarement un mouvement coupé en plein milieu – ex. le 2ème mouvement du 23ème concerto de Mozart ici sur Youtube – et si cela est fait, vous aurez droit aux plates excuses du producteur -. Ici on vous parle de producteur et non pas d’animateur ou de présentateur !

En second lieu, vous avez systématiquement la référence à l’orchestre, aux interprètes, le menu du dîner du chef – non, ça non vous ne l’aurez pas malheureusement… – une bonne manière de découvrir des artistes, des ensembles différents.

Enfin, vous en apprendrez toujours plus notamment si vous écoutez régulièrement certaines émissions : je pense particulièrement à l’émission quotidienne de Jazz d’Alex Duthil, Open Jazz à 18h. Les programmations sont particulièrement soignées, et variées ; il y a des tubes, mais pas que… ce ne sont pas les mêmes disques qui tournent toute la journée !

Je vous citerais également Cinéma Song de Thierry Jousse, tous les jeudis soir à 22h30. Une émission entièrement consacrée aux BO de films, avec quelques explications, détails sur le compositeur, interview. Ce soir au programme vous avez, David Fincher (The Social Network, Seven…) un peu ‘jeune’ pour les vieux décatis 😉

Ma dernière recommandation : vous trouvez que France Info et les autres radios généralistes vous dépriment et vous agressent dès le matin ? Ecoutez plutôt Musique Matin avec Christophe Bourseiller – vous savez Lucien Raki d’un « Eléphant ça trompe énormement »… A lire ici, une interview de lui sur Telerama.fr

Vous allez voir que votre journée sera tout de suite plus calme !

NB : au fait la BO d’un Eléphant c’est Vladimir Cosma… elle est disponible ici sur i-Tunes

NB 2 : il y a même une appli sur l’AppStore pour l’écouter !

Soirée magique au Théâtre des Champs Elysées

Au mois de novembre, j’ai eu la chance de pouvoir me rendre au Théâtre des Champs Elysées pour écouter Alexandre Tharaud et Les Violons du Roy, un orchestre de chambre québecois, crée en 1984, sous la direction de Bernard Labadie.

Nous y avons écouté Joseph Haydn – Symphonie n°44 en mi mineur -, Johann Sebastian Bach – Concerto pour piano n°7 « n sol mineur BWV.1058, et enfin W.A. Mozart avec la Symphonie n°17 en sol majeur K.129 et le Concerto pour piano n°9 dit « Jeunehomme ».

Pour la pièce de Bach et le concerto « Jeunehomme », Alexandre Tharaud officiait au clavier avec toute la passion et la rigueur que je lui connaissais mais que j’écoutais pour la première fois en live.

Nous avons passé une soirée magique (nous avions été particulièrement gâtés avec des places au 5ème rang de l’orchestre…) avec un dernier concerto fougueux et inspiré !

Cette représentation exceptionnelle s’est conclue par une presque Standing Ovation avec 3 bis, notamment l’Adagio de Bach/Marcello qui fait parti du nouveau disque que les protagonistes de cette soirée viennent de faire paraître chez Virgin Classics.

Alexandre Tharaud sera de nouveau au Théâtre des Champs Elysées ce printemps le 20 mars, pour un programme Debussy, Liszt et Chopin : n’hésitez pas, il reste sûrement quelques places…